Je vais d’abord vous parler d’American Gods. Pour commencer, j’ai mis 4 mois à le finir pour cause d’un nombre de page très imposant et une densité narrative plus que prononcée (je sens que je commence à vous faire peur !). C’est vrai qu’il est plus imposant que tous les autres livres de Gaiman réunis, mais il vaut vraiment le coup. C’est une merveille de mythologie mondiale piochée de partout, ré-assaisonnée à la sauce fantasy urbaine. Le tout avec plein de suspens, des méchants et des gentils, et souvent c’est même pas ceux qu’on croit (ne jamais faire confiance à une divinité en même temps hein). Gaiman nous fait voyager, il nous transporte, tout autant qu’il nous ancre dans le pays qu’il met en scène : les Etats-Unis, d’une façon très particulière qui tient du road-trip, du polar ou encore ou encore du guide touristique… En résumé, lisez-le.

L’étrange vie de Nobody Owens, petit livre que je viens de finir, c’est autre chose. Un livre davantage orienté livre pour la jeunesse, aux antipodes d’American Gods, mais tout aussi bien. Gaiman nous parle dans ce livre de la vie et la mort, et jamais je n’aurais cru avant de lire ce livre qu’un cimetière pouvait être drôle et poétique. Car ce qu’on nous raconte ici, c’est l’histoire d’un petit garçon, qui échappant au massacre de sa famille, va être adopté par Mr et Mme Owens, deux fantômes du cimetière en face de chez lui, et qui vont lui donner son nom (Nobody Owens, vous suivez ?). Ce livre nous décrit comment il va grandir dans ce lieu si particulier, son éducation, qui forcément va être un peu particulière (apprendre à lire avec les épitaphes - d'ailleurs très drôles - gravées sur les tombes, c'est pas commun !), le tout au milieu de personnages originaux et attachants. Une histoire émouvante que j'ai beaucoup aimé !

Je poursuis mes remarques sur mes lectures de Neil Gaiman, pour vous prouver qu’il est vraiment du genre à écrire des choses vraiment différentes les unes des autres (ça m’épate), tout en restant des expériences de lecture très intéressantes. J’avais donc lu aussi il y a quelques temps Odd et les géants de glace et Neverwhere.
Le premier est en fait très court. C’est un petit conte qui reprend un passage de la mythologie nordique… Je vous conseille de le lire avant de vous pencher sur American Gods, parce qu’autant ce dernier livre est foisonnant sur le fond, autant Odd est vraiment très simple, ce qui peut être déroutant. Enfin cette simplicité cache quand même de belles descriptions, et une atmosphère bien construite (on se croirait presque dans une forêt de sapins enneigés, avec la neige qui crisse sous ses pieds… avec des Dieux changés en animaux pour compagnons tout de même).

Neverwhere est dans le même genre que American Gods, de style fantasy urbaine, mais la ressemblance s’arrête là. Dans un style plus humoristique et dans une atmosphère moins « lourde » que ce dernier (mais aussi noire par moments), mais toujours dans une recherche poussée sur la fantasy, la mythologie, … nous plongeant avec plaisir dans des caractères et des personnages hauts en couleurs et dans des lieux mystérieux faisant partie de l’imaginaire commun (ah les stations de métro de Londres ! un délice !). J’ai beaucoup aimé ce livre, parce qu’il parle d’un autre monde, parallèle au notre (ici le Londres d’en bas), c’est ce que j’aime bien dans la fantasy urbaine. Et ici c’est amené avec beaucoup d’humour : le pauvre héros voit sa vie complètement effacée suite à sa rencontre avec Porte (on a du mal à se faire à son nom au début), une jeune fille qui a le pouvoir de tout ouvrir (je ne parle pas de boîtes de conserve, mais de murs etc.), et qu’il va accompagner dans sa quête des réponses à travers le Londres souterrain, pour le meilleur et souvent pour le pire.

Après, je garde toujours une place spéciale pour Stardust, ma première lecture de Neil Gaiman, que j’avais absolument dévorée, et dont j’adore me repasser l’adaptation en film (ah Robert de Niro en tutu rose et petit cœur sur la joue, je suis toujours morte de rire !). C’est délicieusement drôle et ça fait rêver, à lire caché sous sa couette en plein hiver…

Et il va me manquer Coraline et sa série de BD Sandman à lire… et De bons présages. Ce qui me fait penser qu’il va falloir que je me remette sérieusement à lire du Terry Pratchett ! ^_^ (mais là je sens que je ne ferais pas un seul article pour résumer toutes mes lectures du Disque Monde…).