mansfield_park.jpgA l’âge de 10 ans, Fanny est recueillie par la famille de son oncle, Sir Thomas Bertram, afin de recevoir une éducation digne de ce nom. Brutalement arrachée à tout ce qu’elle a toujours connu, elle va devoir s’adapter à la vie de la grande demeure de Mansfield Park. Elle va grandir au milieu de ses cousins plus âgés : Tom et Edmond, les garçons, et Maria et Julia, les filles. Ces dernières, conscientes de leur supériorité sur leur cousine d’extraction modeste, la traiteront comme une simple domestique de plus. Mais Edmond va prendre à cœur l’éducation de Fanny, esseulée et déprimée par l’indifférence de la famille à son égard. Il va former son esprit et la protéger de la tante Norris, dont la méchanceté n’a d’égale que son avarice. Les années passent, Fanny a 18 ans, et sa vie va radicalement changer à l’arrivée dans le voisinage de la famille Crawford. Miss Mary Crawford ne laisse pas Edmond indifférent, tandis que son frère Henry, séducteur volage, s'éprend de Fanny après avoir semé la zizanie chez les demoiselles Bertram…

J’ai tous les romans de Jane Austen, et je les relis souvent pour le plaisir. Chacun a son charme particulier, une ambiance qui lui est propre, et j’aime me replonger dans l’un ou l’autre (et dans un certain nombre des adaptations cinématographiques que j’ai en DVD). Là c’était le tour de Mansfield Park, que je n’avais lu qu’une fois, et pour cause, il est assez épais !

Le personnage principal de ce roman, Fanny, change beaucoup des autres romans de Jane Austen. On est face à une héroïne timide, effacée, et humble. Elle est donc différente des autres héroïnes de l’auteure, qui sont plus libres d’esprit, plus aventureuses et enjouées. Fanny est presque une anti-héroïne, mais sa simplicité et son stoïcisme face aux épreuves qu’elle va affronter, font que l’on s’attache à elle.
Mais ce roman est surtout différent des autres œuvres de Jane Austen par la complexité des personnages qu’elle va mettre en scène, ainsi que les relations qu’elle va tisser entre eux. Le roman, bien plus long, lui permet de donner toute la mesure de sa plume ironique, incisive, qui dépeint si bien les mœurs de l’époque. Je retrouve tout le charme suranné de la campagne anglaise, de la bonne société et des règles qui la régissent. Même si cela peut nous sembler complètement dépassé aujourd’hui, il y a une fraîcheur indéniable qui nous dépayse agréablement. On se prend à rêver à cette vie où le temps d’étire, où l’on vit au rythme des saisons…
Les relations amoureuses sont omniprésentes forcément, comme dans tous les romans de Jane Austen, mais elles ne tombent jamais dans le fleur bleue, malgré les dénouements toujours heureux pour l’héroïne.

Ce roman n’est pas mon préféré, mais il reste indéniablement très drôle, de cet humour austenien si particulier et savoureux, qui me fait oublier la vie trépidante et les gens hypocrites que l’on rencontre souvent.

Petit détail très rigolo pour finir : J.K. Rowling est une grande admiratrice de Jane Austen. Elle a nommé « Mrs Norris » la chatte du concierge dans Harry Potter, du nom de la tante tyrannique de Fanny, qui se mêle de tout et surtout de ce qui ne la regarde pas. On la connaît sous le nom de Miss Teigne en français. Et je dois dire que ça lui va comme un gant ! Le personnage de Mrs Norris est le plus drôle de toute la galerie de personnages de Mansfield Park !