nox1.jpgUne ville basse enveloppée d'un brouillard opaque - la nox -, plongée dans l'obscurité. Des hommes contraints de marcher ou de pédaler sans cesse pour produire de la lumière. Une société codifiée, régentée par une milice toute puissante. Des amis d'enfance qui s'engagent dans des camps adverses. Un héros qui se bat pour épouser celle qu'il aime. Une jeune fille qui vie dans la lumière, prête à tout pour retrouver la femme qui l'a élevée. (Résumé de l’éditeur)

J'avais adoré la plume d'Yves Grevet dans la trilogie Méto, c'est donc avec beaucoup de plaisir que je me suis lancée dans le premier tome du diptyque Nox. On reconnaît tout de suite sa plume caractéristique, qui nous entraîne dans un univers dystopique très sombre. On découvre un monde où l’industrie a généré un nuage de pollution épais et toxique, qui plonge les habitants les plus pauvres dans le noir et la maladie. Les riches, eux, vivent au-dessus du nuage, et ont une qualité de vie de loin très supérieure. Davantage qu’un mur, ce nuage crée une barrière sociale pratiquement insurmontable, ente ceux qui luttent pour survivre, et ceux qui vivent pour un idéal politique.

Le contexte, s’il est plutôt classique, s’épaissit grâce à une narration maîtrisée. Le récit alterne entre trois voix, chapitre après chapitre : Lucen et Gerges, adolescents de la ville basse, et Ludmilla, vivant dans la ville haute. Il est un peu difficile de se repérer à chaque changement de chapitre, mais on s’y fait vite, car ils ont des chemins et des idées qui leur sont propres. Cela permet souvent d’avoir tous les points de vue d’une même situation, ce qui enrichit considérablement notre compréhension du fonctionnement de la ville. Nous sommes complètement immergés dans ce monde, son quotidien, donnant une réelle crédibilité au texte.

Si l’action n’est pas toujours au rendez vous, des détails, des anecdotes, nous donnent envie de continuer à découvrir cet univers. Les descriptions en particulier sont très minutieuses et font appel à nos sens, comme si on y était. On est pris dans le filet des émotions des personnages, souvent extrêmes. La vie dans la ville basse, entre quotidien miséreux et une milice ultra-présente, est particulièrement marquante. Entre règles, choix et trahisons, les destins de nos trois personnages finissent par s’entremêler de façon étroite, nous laissant incertains sur les évènements à venir. Certains passages sont très durs, et la fin du livre nous laisse présager une suite plus violente encore.

Ce premier tome est une vraie réussite, car maintenant que l’univers est planté, je pense qu’Yves Grevet nous prépare de belles surprises.