porcelaine.jpgChine, vers l’an 200. Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son cœur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans. Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son cœur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tissant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre. (Résumé de l'éditeur)

Cette chronique est écrite avec 3 mois de retard, tout va bien. Mais c'est qu'il a été très difficile de donner mes impressions sur ce livre. Car ce que j'ai retenu plus particulièrement ce sont justement des impressions, des atmosphères,... qui marquent l'esprit. De la douceur, de la poésie, mais aussi de la mélancolie et de la douleur. Autant de sentiments qui naissent des images que sait créer Estelle Faye pour nous toucher. Je suis tombée sous le charme de la Chine où nous sommes embarqués : mystérieuse, majestueuse, et magique.

L'air sent la sève des pins qu’on abat, plus haut dans la montagne, pour alimenter les fours à céramique. Nous sommes au septième jour du septième mois lunaire, période de la Fin des Chaleurs. Une pluie fine tombe sur le village des potiers, quelques maisons fragiles accrochées aux pentes escarpées de Hengsan. La pluie est venue tôt cette année. Trop tôt. Sous les auvents en paille, on murmure que les dieux sont irrités parce que les hommes ont creusé trop profonds dans la roche leurs longs fours-dragons en forme de tunnel. Malgré l’averse, une poignée de vieilles femmes monte brûler des encens à la pagode, en haut de la cascade.

En revanche, j'ai été un peu déstabilisée par la construction du livre. L'histoire nous est présentée comme une fresque courant sur quinze siècles. Mais le livre, à la façon d'une pièce de théâtre, est découpé en plusieurs actes. Cela nous donne un résultat plutôt fragmenté. Nous allons suivre plutôt des tranches de vies des personnages, plutôt qu'une intrigue linéaire. On peut ainsi voir les évolutions au niveau de la psychologie, et du monde où évoluent les personnages. Mais on ne peut pas s'empêcher de rester sur sa faim, l'envie de combler les vides. Mais cela a aussi un aspect très intéressant. On ne peut pas s'empêcher de penser, au fur et à mesure que Xiao Chen, l'homme-tigre, se confronte avec des époques qui ne sont plus les siennes, au choc entre un monde ancien et merveilleux, et un monde moderne et matérialiste. J'ai pensé à Miyazaki, et à la magie qui s'éteint peu à peu...

Un très joli récit d'une légende, avec une magnifique couverture signée Amandine Labarre, qui a su capturer le pouvoir évocateur de cette histoire.