anansiboys.jpgLe père de Gros Charlie n'était pas ordinaire : il était Anansi, le Dieu Araignée, l'esprit de rébellion, un dieu filou capable de renverser l'ordre social, de créer une fortune à partir de rien et de défier le diable... Un héritage bien encombrant ! Une mythologie moderne où l'on trouve une sombre prophétie, des désordres familiaux, des déceptions mystiques, et des oiseaux tueur. Sans oublier un citron vert. (Résumé de l'éditeur)

Je trouve ce roman de la longue bibliographie de Neil Gaiman un peu méconnu, et pourtant je me suis autant éclatée qu'avec De Bons présages, pour le côté déjanté. Se passant dans le même univers qu'American Gods, Anansi Boys a pourtant peu de chose en commun avec lui. Difficile d'ailleurs de décrire ce roman, que l'auteur définit lui-même comme "une épopée magico-horrifico thrillo-fantastico familiale, même si cela exclut son côté polar et tout son aspect culinaire". Oui, tout ça, et c'est parfaitement résumé.

Sans entrer donc dans le détail de l'histoire, ce roman nous présente Gros Charlie Nancy (en fait, c'est Charlie tout court, mais les surnoms, ça reste...). Charlie découvre le jour de l'enterrement de son père, que celui-ci était en fait le dieu Anansi, le Dieu Araignée, propriétaire de toutes les histoires. Et comme une nouvelle n'arrive jamais seule, il apprend également qu'il a un frère, Mygal. Et quand ce frère débarque, après une discussion fortuite avec une araignée, la vie de Charlie va échapper à tout contrôle...

On voit une fois encore que Neil Gaiman s'est éclaté à écrire ce roman. Entre mythes et catastrophes, ça part dans tous les sens. L'humour teinté d'une ironie parfois mordante, n'empêche pas d'aborder des sujets plus sérieux. Les personnages, typiquement gaimaniens, sont drôles et caricaturaux à souhait. Ce Anansi Boys est une lecture légère et passionnante, plus accessible sûrement que d'autres de l'auteur. Je n'en jette pas plus dans le dithyrambique, vous aurez compris l'idée générale... Tout ça pour dire, lisez du Neil Gaiman, ça fait du bien !

Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler que dans l'univers de Gros Charlie, les femmes ne se manifestaient pas spontanément. Il leur fallait être présenté ; il fallait réunir le courage de leur parler ; ensuite, il fallait trouver un sujet de conversation et, une fois ces sommets gravis, d'autres restaient à escalader. Il fallait oser leur demander si elles étaient libres samedi soir, et, lorsqu'on s'y résolvait, la plupart d'entre elles, ce soir-là, devaient justement se laver les cheveux, ou bien rédiger leur journal intime, ou encore s'occuper de leur cacatoès, voire tout simplement rester près du téléphone à attendre l'appel d'un autre homme.