resurrection_row.jpgQui donc s'amuse à déterrer les morts du très chic quartier de Gadstone Park ? S'agit-il de farces de mauvais goût ou faut-il y voir une plus sombre menace ? Chargé de l'enquête, Thomas Pitt se perd en conjectures. Mais le code de bonne conduite de la haute société anglaise ne tardera pas à se craqueler, révélant sa corruption et sa fausse respectabilité. (Résumé de l'éditeur)

Pas le temps de s'ennuyer, voici le 4ème volume des enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt ! Et là, question détente je suis servie ! Anne Perry nous sert dans cette histoire des cadavres qui se déterrent tout seuls... Mais comme d'habitude, malgré des détails peu engageants, je me suis régalée (je n'aurais jamais cru dire ça un jour).

Resurrection row, du nom d'un cimetière dans le quartier du même nom, démarre donc très fort avec la découverte d'un fiacre, conduit par un cadavre... Mais qui n'aurait jamais dû se trouver là, puisque cet homme est mort des semaines plus tôt ! Et dûment enterré bien sûr. Comment s'est-il retrouvé là, et pourquoi une telle mise en scène? Thomas commence son enquête, qui l'entraîne dans les beaux quartiers de Gadstone Park. Le regretté Lord Augustus Fitzroy-Hammond, puisque c'est de lui qu'il s'agit, laisse derrière lui une jeune et jolie veuve ainsi qu'une vieille mère acariâtre, qui ne font pas bon ménage ensemble. Alors que les indices se font rares, Lord Augustus, enterré une seconde fois en petit comité, refait son apparition sur le banc de l'église du quartier ! Et il ne sera pas le seul à sortir de sa tombe...

On retrouve avec plaisir Thomas pour cette enquête pour le moins zombiesque (même s'il n'y en a pas l'ombre d'un, nous sommes dans un polar victorien bien comme il faut). Elle m'a semblé d'ailleurs moins crédible que les précédentes enquêtes de l'inspecteur, et sa résolution un peu rapide et tirée par les cheveux. Mais je passe là-dessus, car on retrouve avec le même bonheur la tante Vespasia, son franc-parler et ses ragots légendaires. Son attachement pour Thomas et Charlotte la rend elle-même très sympathique. Un invité surprise s'ajoute également en la personne de Dominic Corde, ex beau-frère et amour de jeunesse de Charlotte. Une apparition que Thomas ne verra pas d'un très bon oeil.

Encore une fois, Anne Perry nous plonge véritablement dans le Londres de la reine Victoria. Une ville glauque et miséreuse dans ses quartiers défavorisés, où les enfants sont exploités, les femmes font le trottoir pour pouvoir faire manger leur famille,... Une vie que les riches protagonistes ignorent superbement, alors qu'ils pourraient changer les choses en votant les lois adéquates pour l'éducation des enfants notamment. Une incursion dans le proxénétisme et les débuts de la pornographie photographique achèvent le tableau. Avec les cadavres qui se déterrent tout seuls, c'est glamour !

Même s'il est passionnant, c'est un volume un peu en dessous des précédents. Je regrette qu'on ne partage pas davantage la vie de Charlotte et Thomas. Les seules fois où l'auteure les met en scène ensemble, c'est majoritairement dans la cuisine au moment des repas... On a vu plus passionnant, même si les soupes de Charlotte semblent délicieuses !