epousedebois.jpg Maggie Black est écrivain, auteur d’études sur des poètes. Elle apprend qu’un de ses plus anciens correspondants, David Cooper, vient de mourir en lui laissant tous ses biens en héritage. Maggie décide d’aller s’installer dans l’ancienne maison de Cooper, pour enfin s’atteler à la rédaction d’une biographie du grand écrivain. Mais elle n’avait pas prévu que Cooper habitait en plein désert, dans les montagnes de l’Arizona (près de Tucson). Là, la vie n’a pas le même rythme qu’ailleurs. Les choses sont plus pures, les formes plus essentielles, les mystères plus profonds… Pourquoi Cooper est-il mort noyé dans un lit de rivière asséché ? Pourquoi des coyotes rôdent-ils autour de sa maison ? Qui est l’étrange fille-lapin qui s’abrite sous les grands cactus ? La magie de ces collines désertiques est puissante, Maggie Black devra prendre garde à ne pas y perdre la raison — ou la vie.

D'un premier abord, on ne peut qu'être attiré par la magnifique couverture de ce livre signée Brian Froud... Elle colle merveilleusement bien au roman. J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque, mais je pense me l'acheter, car le lire une fois ne suffit pas. L'on se sent rappelé par l'histoire, ses multiples facettes, son ambiance, entre réalité et onirisme. C'est cette frontière, ténue et envoutante, qui nous happe dans le livre, nous capture et ne nous laisse pas ressortir de ce désert. Car le désert est un personnage à part entière du livre. L'auteur insiste énormément sur sa description, nous plongeant dans ses mystères, ou les pierres n'acceptent que peu les étrangers... Calme et danger planent continuellement. Les personnages évoluent dans ce décor, comme dans un rêve éveillé. Le personnage de Maggie Black est vraiment intéressant, ancrant ou pas le roman dans le réel, en fonction de ses choix. Humaine, confrontée aux fantômes du passé, accompagné des ces autres personnages si particuliers et attachants (sauf le chasseur... et Crow peut-être). L'histoire parle aussi d'artistes : écrivain, musicien, relieur, sculpteur et peintre... Une peinture surréaliste qui est égrenée au fil des pages, à mesure que l'on découvre le bestiaire si particulier du livre: une fille-lapin, un coyote qui boite, et ces entités, ces petits dieux du désert, dont l'on ne sait vraiment si elles sont bienfaisantes ou malfaisantes... Le tout égrené de poèmes, vrais ou fictifs, qui nous entraînent un peu plus loin dans l'onirisme...

Un ton vraiment particulier, pour dépeindre un folklore vraiment particulier, le tout sur fond d'hymne à la nature... Je ne suis pas vraiment fan de fantasy urbaine (cette fantasy si déstabilisante entre réel et irréel), mais ce roman m'a vraiment enchantée, et longtemps après avoir refermé le livre, des images de déserts, ds spirales et de saguaros m'ont accompagnées... Comme un air de Désert solitaire, ce livre d'Edward Abbey, qui parle avec tellement de passion et d'engagement du désert si cher à son coeur..