lady_susan.gifUne veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question… (Résumé de l’éditeur)

Jane Austen est de loin une des mes auteures préférées. J’ai lu tous ses livres… sauf ce petit livre épistolaire ! (et Les Watson et Sanditon, mais je me refuse à lire des romans inachevés pour pleins de raisons que je ne développerais pas ici). Je ne peux pas expliquer que je ne lise que maintenant, alors que j’ai lu et relu tous les autres au moins une fois. En fait, je l'avais commencé, il y a longtemps. Mais le style épistolaire de ce livre a du me refroidir. Mais ce n'a été que pour mieux le redécouvrir aujourd'hui !

Lady Susan est une œuvre de jeunesse de Jane Austen. Sachant cela, on ne peut que s’étonner de la maturité sa plume. Lady Susan est de plus une veuve, un choix particulièrement audacieux, surtout quand on connaît le reste de la bibliographie de l’auteure, plutôt homogène avec des héroïnes jeunes, spirituelles et célibataires.... On passe donc de l’autre côté de la barrière, celle de la « méchante », mais avec autant de plaisir dans le style d’écriture. On suit avec plaisir les manipulations de cette jeune femme prête à tout pour garder son indépendance, dans une société extrêmement rigide et codifiée. Tour à tour coquette, menteuse, machiavélique… ses lettres sont aussi savoureuses que drôles. Surtout en regard des lettres de sa famille, atterrée de sa conduite légère et calculatrice.

La justesse des sentiments que décrit Jane Austen est incroyable et m’étonne à chaque fois que j’ouvre un de ses romans. C’est ici tout aussi frappant, et réjouissant. C’est léger, mordant et incisif, à la fois un OVNI et une pure œuvre austenienne.

«Certaines mères auraient insisté pour obtenir de leurs filles l'acceptation d'une offre aussi avantageuse dès les premières ouvertures. Moi, je n'ai pu en conscience contraindre Frederica à un mariage auquel son coeur refusait de se soumettre et, au lieu d'avoir recours à des mesures aussi rigoureuses, je me propose seulement de l'incliner à ce choix en rendant sa vie parfaitement insupportable aussi longtemps qu'elle n'aura pas accepté ce parti. Mais assez sur le chapitre de cette fille assommante.»