goliath.jpg J’attendais la lecture du dernier tome de cette trilogie avec impatience, afin de connaître enfin la conclusion de cette première guerre mondiale, revisitée à la sauce steampunk ! Il faut dire que la qualité de cette série est indéniable : une écriture riche et prenante, un univers travaillé et dépaysant, des personnages qui évoluent au fil de l’intrigue de manière intelligente… Sans oublier de toujours aussi belles illustrations.

Goliath nous entraîne dans un contexte politique (et géographique !) plus complexe que les précédents volumes : nous voyageons du Japon à la Russie, en passant par les Etats-Unis et le Mexique… Alek et Deryn, de nouveau à bord du Léviathan, doivent en effet faire un crochet par la Sibérie, afin de récupérer un mystérieux passager : Nicola Tesla, un génial (et un peu taré, il faut le dire) inventeur… Il a avec lui une non moins mystérieuse cargaison : une machine terriblement destructrice, qui peut faire pencher de n’importe quel côté la guerre entre clankers et darwinistes… Au milieu des conflits, Deryn doit quant à elle confier son secret à plus de personnes qu’elle ne le voudrait, et Alek qui ne trouve pas sa place au milieu de cette guerre, jongle entre alliés et relations…

Nous allons au fil des chapitres de péripétie en péripétie. Toute une foule d'informations qui nous entraîne dans une spirale narrative et ne nous donne pas envie de lâcher le livre. Mais elle est aussi un peu déstabilisante. Les choses se mettaient en place plus lentement dans Béhémoth, et encore plus dans Léviathan. L’auteur ne se serait pas un petit peu dépêché de finir sa série ? Jetant pêle-mêle un certain nombre d’idées, certaines pas forcément indispensables, et d’autres qui auraient peut-être mérité d’être plus étoffées ? Le personnage de Tesla, si il avait été utilisé avec originalité jusqu'au bout, aurait suffit, sans en rajouter avec une révolution au Mexique, des conflits entre des magnats de la presse, les débuts du cinéma etc.

SPOILER ! Mais par-dessus tout, la fin m’a déçue… D’une simplicité déconcertante, elle fait presque tâche. Elle ne clôt pas en beauté cette série qui nous a pourtant accordé de très jolis moments épiques ! Et le côté guimauve qui nous avait été épargné jusque là, est devenu très présent... Ce n'est pas vraiment en adéquation avec ce que l'on avait l'habitude de voir dans le comportement d'Alek et de Deryn... Une Deryn folle amoureuse qui perd tout sens de jugement, un Alek obsédé par le fait de monter sur le trône qui finalement renonce pour l'amour et la liberté de vivre sa vie... Cela fait trop happy end, même pour une série jeunesse, qui était aussi aboutie que celle-ci.

Au final donc, je finis avec un petit goût de frustration, c’est dommage ! (heureusement qu'il y avait les loris ! Monsieur Sharp ! ^^)

Lecture commune réalisée avec Endea, Lhisbei, Shaya, Spocky et Vert.