nouvelles_disuqemonde.jpg "Les nouvelles me coûtent sang et eau. J'envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité. Je serais étonné d'en avoir écrit plus de quinze dans ma vie".
Lorsqu'on lit cette phrase de Sir Terry en avant-propos, on commence à prendre peur ! A la lecture des nouvelles qui suivent, force est de constater qu'effectivement, ce n'est pas un exercice dans lequel l'auteur est à l'aise, et cela se ressent. On a une impression d'inachevé, de trop peu. Les fans de Pratchett retrouveront avec plaisir au détour des différentes pages les mages de l'Université, Mémé Ciredutemps, Carotte ou Cohen le Barbare. Mais alors que des nouvelles peuvent être une porte d'entrée dans l'univers d'un auteur, je ne pense pas qu'un néophyte puisse ici prendre un véritable plaisir. Il peut même partir en courant. Un condensé de Disque-Monde est peut-être trop déstabilisant !

Malgré la petitesse de ce recueil, j'ai quand même apprécié le voyage. Une petite déception tout de même en découvrant que la nouvelle la plus longue du recueil (presque la moitié en fait), La mer et les petits poissons, a déjà été publiée dans l'anthologie Légendes de Robert Silverberg... Que j'ai déjà lue bien sûr. Mais retrouver Mémé est toujours un régal, et me donne envie de continuer les romans. Malgré quelques belles trouvailles, comme la Mort jouant au chat de Schrödinger, ces nouvelles sont peut-être à réserver aux fans déjà acquis à l'humour de l'écrivain.

Mémé Ciredutemps cueillait des herbes quand elles apparurent sur le sentier. On connaît les herbes communes pour les soins et la cuisine sous le nom de simples. On ne pouvait pas qualifier les herbes de Mémé de simples. Elles étaient compliquées ou rien. Et sans aucun rapport avec ces mignardises de joli panier et ciseaux délicats pour midinettes. Mémé se servait d'un couteau. Et d'une chaise brandie devant elle. Elle portait en outre un chapeau, des gants et un tablier de cuir comme deuxième ligne de défense.