planete_singes.jpgY a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C'est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d'une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celle de notre terre. Après s'y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s'emparent d'Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité... (Résumé de l'éditeur)

Longtemps abandonné sur son étagère dans ma bibliothèque, je m'attaque enfin à ce classique de science-fiction, pourtant très court. Même s'il a souvent été adapté au cinéma, je n'ai vu aucun des films, et attaque donc ma lecture, libre de tout spoiler. Pour un roman écrit en 1963, le récit n'a pas pris une ride. L'écriture simple, efficace et allant à l'essentiel de Pierre Boulle, m'a tout de suite immergée dans l'histoire. Le voyage de la Terre à Bételgeuse, l’atterrissage sur une planète qui semble habitée d'une espèce intelligente, puis la rencontre avec les humains et les singes, suivi de la capture des 3 terriens... Tout va très vite, dans une économie de pages extraordinaire, qui dit pourtant tout.

Puis les émotions et les expériences avec les singes d'Ulysse Mérou (j'adore ce nom de famille), prennent le pas dans l'histoire. Nous découvrons, presque aussi horrifiés que le narrateur, le sort réservé aux hommes par les singes. L'évolution de la race humaine, a été sur Bételgeuse à l'opposé de celle de la Terre. Mis en cage, testés, analysés,... les hommes de Bételgeuse, primitifs, sont des sujets d'expérience stupides pour les singes. L'intelligence du terrien, comparable à la leur, les plonge donc dans une incompréhension et un désarroi, vite remplacés par un intérêt scientifique. Jusqu'à ce que tout bascule...

L'auteur décortique dans ce roman les comportements humains, tant psychologiques que relatifs à la vie en société, en les appliquant à la race simienne. Les singes parlent, marchent, s'habillent, roulent dans des voitures, sont amoureux et s'embrassent...Tandis que les hommes poussent des borborygmes, vont nus et mangent le produit de leur chasse cru. Tout se chamboule dans la tête du lecteur, habitué à voir les singes comme des animaux. Nous sommes donc mis face à notre propre société, même si elle est inversée, avec ses travers. La bêtise, la folie, la supériorité,... ne sont pas exemptes chez ces nouveaux êtres supérieurs. Mais comment en sont-ils arrivés là?

Ce roman est à mettre entre toutes les mains, tant il est accessible dans son écriture et son contenu. Sa fin, dramatique, est aussi bouleversante qu'elle fait réfléchir.