gigante2.jpgLe jeune ethnolinguiste Zaslo Merticant débarque sur Gigante depuis la lointaine Azadée, en quête des mythiques géants dont une expédition aurait exhumé les squelettes des siècles plus tôt. Dans le but, également, de tuer son père, qui l’a abandonné avant même sa naissance… Mais comment exercer une vengeance sur une planète dix-huit mille fois plus volumineuse que la Terre, où tout voyage est à sens unique ? Comment même voyager sur un monde parcouru de sphères incandescentes et d’orages électriques d’une rare violence ? C’est l’histoire d’un apprentissage, celui d’un monde aux colères destructrices. Il passe par le cheminement de Zaslo vers l’apaisement intérieur jus qu’à la découverte de son rôle fondamental pour l’avenir des peuples humains disséminés sur Gigante. (Résumé de l'éditeur)

Alain Grousset et Pierre Bordage ont imaginé ensemble la planète Gigante. J'avais déjà fait sa connaissance dans Au nom du fils, écrit par Alain Grousset, pour un public jeunesse. Je me penche ici enfin sur son pendant, se passant une dizaine d'années plus tôt. Comme cela m'arrive souvent, j'ai lu ce diptyque dans le désordre... J'ai découvert la vie du père, avant celle de son fils. Ce n'est pas si grave en soi, mais je me suis privée d'une partie du suspens. L'histoire des romans repose sur la haine d'un jeune homme, Zaslo, pour son père. Ce dernier, a quitté sa planète sur un coup de tête, pour rejoindre Gigante et une civilisation mythique de géants. Mais il ne savait pas qu'il laissait un fils derrière lui. Un fils qui arriverait bien avant lui sur Gigante, les progrès technologiques ayant considérablement diminué la durée des voyages spatiaux. Ce qui fait que si le père est toujours en route, en sommeil cryogénique, son fils parti des années plus tard est arrivé avant lui...

Comme dans ma précédente lecture, j'ai été complètement fascinée par cette planète où les voyages se comptent en mois, en années, voire en générations. Une planète où des peuples peuvent vivre en autarcie complète, avec leurs croyances et leurs traditions. Une planète aussi immense qu'elle est dangereuse, comme le prouvent les manifestations électriques destructrices qui dévastent tout sur leur passage. Une planète où les colons doivent s'habituer à une nouvelle rotation du soleil, qui engendre des journées et des nuits de 30 jours. Si c'était principalement la découverte de cet univers que j'avais apprécié dans Au nom du fils, ici l'histoire m'a également passionnée. Car on découvre ici une personnalité bien plus fouillée et complexe. Je ne peux pas vous en dire plus sans spoiler l'histoire, mais la vengeance qui animait Zaslo, va au final devenir bien secondaire. Car le jeune homme va devoir partir à la recherche de lui-même autant qu'à la découverte de ces mythiques géants...

Si j'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture fluide, les chapitres courts et rythmés, j'ai peut-être un peu regretté certaines ficelles scénaristiques un peu faciles, qui ne m'ont pas fait trembler bien longtemps pour les personnages. Mais on les oublie assez vite, face aux descriptions de paysages à couper le souffle. Au final, ce livre est un condensé d'exotisme et d'humanité, où il semblerait que la planète soit le véritable personnage principal. Une belle découverte.